Ce serait un rêve de spectacle, un rêve de spectacle sur l’attente.
Sur l’idéal, aussi.
Cet idéal qu’on s’évertue à toucher, qui nous échappe et qu’on retrouve, au détour d’un réveil, d’une caresse ou d’une perte.
Mais aussi un spectacle sur la joie, sur le désir, sur la lutte.
Un spectacle sur le fait d’être seul et de devoir être ensemble… ou l’inverse.
Mais peu importe.
Un spectacle où la question sociale côtoierait l’intime d’une fratrie, où la différence des identités, si semblables pourtant, ferait en miniature un carrousel de destins qui multiplierait les couleurs et les tons, les cris, les sourires silencieux, les retrouvailles avec les morts, les séparations entre vivants qui ouvrent un monde nouveau, comme des fenêtres qu’on ne peut plus fermer, et les étreintes pleines de larmes qui réunissent à jamais.
Un spectacle sur ce qui rend nécessaire d’être ensemble.
Parce qu’il est toujours nécessaire d’être ensemble pour dépasser la petitesse de nos vies, et pour rendre plus haut et plus grand à l’extérieur de nous ce qu’il y a de grand et de haut, déjà, en nous.
Sinon… vivre : pour quoi faire ?
Pierre-Benoît Duchez